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𝟖 𝐅𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐠𝐚𝐠é𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 : Coumba Bah, une voix engagée au service des femmes et de la citoyenneté

Dans un paysage médiatique en pleine mutation, Coumba Bah trace sa voie avec conviction. Entre ses rôles de mère, de professionnelle et de communicante engagée, elle a choisi de transformer ses expériences en levier d’action pour porter la voix des femmes et nourrir le débat citoyen. Portrait d’une femme qui a su transformer ses convictions en actions concrètes.

Une femme aux multiples casquettes

Citoyenne malienne, mentor et mère de famille de quatre enfants, Coumba Bah incarne le parcours d’une femme habituée à jongler avec de multiples responsabilités. Entre ses rôles d’épouse, de fille, de professionnelle et de mère, elle a été confrontée aux réalités que vivent de nombreuses femmes maliennes : accès limité aux opportunités, quête de reconnaissance et recherche constante d’un équilibre entre vie privée et engagement public.

C’est cette expérience, construite au fil du temps, qui l’a progressivement amenée à passer de l’observation à l’action. Pour elle, défendre les droits des femmes ne relève pas d’une posture, mais d’un principe fondamental de justice et de citoyenneté. Productrice et animatrice de l’émission citoyenne « MUSOYA », qu’elle a initiée en 2017, elle œuvre à donner la parole à celles et ceux que l’on entend trop peu, en particulier les femmes et les filles.

Au cœur de son action : trois priorités essentielles

Aujourd’hui, son action s’articule autour de trois priorités majeures, qu’elle porte avec constance :

La gouvernance inclusive, fondée sur la conviction qu’aucune société ne peut progresser durablement en excluant les femmes des espaces de décision.

L’autonomisation économique des femmes, qu’elle considère comme un levier essentiel pour renforcer leur pouvoir d’agir et leur contribution au développement.

La transformation des normes sociales, un travail de fond sur les mentalités, où elle promeut la notion de « masculinité positive », encourageant les hommes à s’engager comme partenaires du changement.

MUSOYA, un espace pour faire bouger les lignes

Déclinée à la radio, à la télévision et sur le digital, « MUSOYA » dépasse le cadre d’une simple émission pour s’imposer comme un véritable espace d’expression. Coumba Bah y aborde des sujets souvent tus, des violences faites aux femmes au respect de la loi n°2015-052 sur le quota de 30 %, tout en plaidant pour une participation accrue des femmes aux processus de paix et de sécurité, en lien avec les engagements internationaux.

Face aux critiques, elle adopte une posture sereine. N’ayant jamais perçu de pressions comme des intimidations, elle considère les divergences comme une richesse, convaincue que le débat est un moteur essentiel de progrès. Pour elle, les divergences d’opinion ne sont ni des freins ni des menaces, mais des indicateurs de la vitalité démocratique. « Pour moi, les avis différents ne sont jamais des obstacles, ni des menaces. Au contraire, ils montrent qu’une société bouge, qu’elle se remet en question et qu’elle peut évoluer. Je suis convaincue que ce sont ces discussions, parfois difficiles mais toujours nécessaires, qui font grandir une communauté et la transforment profondément », affirme-t-elle.

Militantisme : un choix avant tout

Pour Coumba Bah, l’engagement dans les médias et le militantisme ne sont pas des obligations, mais des choix réfléchis, ancrés dans ses convictions personnelles. Elle souligne que chaque femme peut choisir son propre chemin, que ce soit en s’impliquant activement dans le militantisme ou en optant pour une approche plus analytique. « Il est essentiel de rester fidèle à soi-même et de défendre ce en quoi l’on croit, tout en trouvant un équilibre entre vie personnelle, professionnelle et engagement citoyen. » Selon elle, le militantisme n’est véritablement puissant que lorsqu’il est sincère, assumé et durable, et non dicté par la pression ou la conformité.

Rigueur et pluralité : ses conseils aux jeunes journalistes

À celles et ceux qui souhaiteraient marcher dans ses pas, Coumba Bah ne livre pas de leçons toutes faites, mais un principe fondamental : la rigueur. « La crédibilité est l’arme la plus précieuse que peut posséder une journaliste », insiste-t-elle. Elle souligne aussi que l’engagement n’a pas de formule unique : chaque femme choisit son chemin, reflétant la diversité des expériences et des sensibilités. Il n’y a pas une seule manière d’agir, mais autant de trajectoires que de convictions.

Le 8 Mars : une journée de réflexion et d’action

Pour Coumba Bah, le 8 mars ne se limite pas à une célébration symbolique. Elle considère cette journée comme « un moment de réflexion collective pour mesurer les progrès réalisés et prendre conscience des défis à relever en matière d’égalité ». C’est l’occasion de poser un regard lucide sur la place des femmes dans la société et de questionner les structures, les normes et les pratiques qui freinent encore leur épanouissement.

Mais, au-delà du bilan, Coumba Bah souhaite que le 8 mars soit surtout un espace de dialogue et de partage. Un moment où l’on écoute les expériences diverses des femmes, où l’on reconnaît la pluralité de leurs parcours, de leurs choix et de leurs aspirations. Selon elle, cette journée doit inviter à construire ensemble une société plus juste et inclusive, où l’égalité ne reste pas un idéal symbolique, mais une réalité concrète, vécue et partagée par toutes et tous.

Coumba Bah illustre la puissance de l’action : convaincue et rigoureuse, consciente de la richesse des trajectoires individuelles, elle transforme ses mots en outils pour faire avancer la justice et l’égalité. Son parcours rappelle que tout changement commence par le courage de passer à l’action.

Cet article a été rédigé par Aminata Y. Coulibaly et édité par Koumba Coulibaly dans le cadre de l’initiative des Kalamògnòn visant à mettre en lumière huit femmes journalistes engagées dans la promotion des droits des femmes à l’occasion de la célébration du 8 mars.

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