Journaliste correspondante pour le quotidien national ยซย LโEssorย ยป ร Koutiala, Rachel Dan Goรฏta ne se contente pas de rapporter les faits. Entre journalisme, communication et activisme numรฉrique, elle s’impose comme une figure incontournable de la dรฉfense des droits des femmes rurales au Mali. Portrait d’une femme qui a transformรฉ son hรฉritage familial en un combat pour l’avenir.
Dans la Capitale de lโOr Blanc, elle est reconnue pour son engagement. Si son combat inspire lโadmiration de nombreux habitants, il suscite aussi des rรฉticences chez certains conservateurs. ยซ Mon nom, cโest la fรฉministe ยป, affirme-t-elle avec calme. Pourtant, le parcours de Rachel Dan Goรฏta n’est pas le fruit du hasard. Il prend racine dans un environnement familial oรน la dรฉfense des droits des femmes faisait dรฉjร partie des conversations du quotidien.
Une vocation nรฉe ร la maison
Ayant grandi dans un environnement oรน les discussions sur les droits des femmes et lโaccรจs des femmes ร la terre รฉtaient frรฉquentes, Rachel a รฉtรฉ inspirรฉe par sa mรจre, prรฉsidente dโun regroupement de plus de quarante associations. ยซ Plaider pour la cause des femmes leaders faisait partie de notre quotidien. Elle nous racontait souvent ses dรฉfis, ses combats, mais aussi ceux des femmes engagรฉes dans ses associations ยป, se souvient-elle. Pour Rachel, le journalisme dรฉpasse la simple transmission de lโinformation ; il devient un outil dโengagement, un moyen de porter des causes collectives, de dรฉnoncer les injustices et de sensibiliser lโopinion aux rรฉalitรฉs que vivent les femmes.
Briser le silence en ligne
Au-delร de lโรฉcrit, Rachel a trรจs vite compris le pouvoir de lโimage et du digital. Consciente des pressions et des stigmatisations qui accompagnent ce choix, elle continue dโinitier des projets concrets. Elle a ainsi crรฉรฉ la plateforme
ยซ Je Prรฉsente ยป, dรฉdiรฉe ร la promotion des droits des femmes rurales, et mis en place le programme ยซย KOULE GIRLSย ยป, pour renforcer le leadership des jeunes filles de 16 ร 25 ans ร Koutiala, Mopti, Tombouctou et dans le district de Bamako. Elle forme รฉgalement des associations fรฉminines sur la gestion de leur communication et le dรฉveloppement du leadership.
Face aux dรฉfis et oppositions
Mais militer pour l’รฉgalitรฉ n’est pas un long fleuve tranquille. La stigmatisation est son lot quotidien. Elle se souvient encore des moqueries et des tentatives de sabotage ร son encontre. On lโaccuse dโรชtre โcontre les hommesโ et on tente mรชme de dissuader des participantes ร rejoindre ses formations. ยซ Personne nโest prรฉparรฉ ร la stigmatisation, reconnaรฎt-elle, mais je persiste ร faire ce qui est juste. ยป
Le 08 mars : heure du bilan
Pour Rachel, le 08 mars ne se rรฉsume pas ร une cรฉlรฉbration : cโest un moment de rรฉflexion sur les avancรฉes et les dรฉfis. ยซ C’est une journรฉe de bilan : voir ce qui a รฉtรฉ accompli et quelles amรฉliorations peuvent รชtre apportรฉes ร nos actions quotidiennes. ยป Son message aux jeunes journalistes qui souhaitent suivre ses traces est clair : l’engagement ne doit jamais se faire au dรฉtriment de l’รฉthique. ยซ Le respect de l’humain doit รชtre au centre de toutes vos initiatives ยป, insiste-t-elle.
Affirmรฉe et rรฉsolue, Rachel Dan Goรฏta poursuit son chemin avec la conviction que le journalisme est un levier incontournable pour informer, ร sensibiliser et impulser le changement social.
Cet article a รฉtรฉ rรฉdigรฉ par Aminata Y. Coulibaly et รฉditรฉ par Koumba Coulibaly dans le cadre de l’initiative des Kalamรฒgnรฒn visant ร mettre en lumiรจre huit femmes journalistes engagรฉes dans la promotion des droits des femmes ร l’occasion de la cรฉlรฉbration du 8 mars.